De l’accessibilité numérique

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Jusqu’ici, on parlait d’accessibilité pour le monde réel : accès des lieux publics sans marches, transcription de journaux télévisés en langue des signes (LSF), version facile à lire (FALC) pour des documents administratifs … Aujourd’hui, le web se doit d’être tout aussi accessible à tous.

L’accessibilité numérique : késako ?

Les sites, les applications, les contenus multimédia peuvent être parfois compliqués à appréhender si un ou plusieurs sens nous font défaut.
Ainsi, pour qu’un site web soit accessible, il faut que tout le monde puisse percevoir, naviguer, comprendre, interagir, voire contribuer au site qu’il visite.
Tous les handicaps sont concernés : visuel, bien sûr, mais aussi auditif, physique, cognitif, neurologie ou de la parole.

Un site accessible aux personnes handicapées sera de fait, accessible aux personnes valides.

En France, l’accessibilité numérique est d’ailleurs une obligation légale pour les établissements publics, les entreprises de délégation de services publics (les sociétés de transport, offices de tourisme, structures culturelles etc.), et les entreprises au chiffre d’affaire de plus de 250 millions d’euros par an.

Le référentiel général d’amélioration de l’accessibilité (RGAA) fournit une liste de 106 critères à respecter pour concevoir un site web accessible à tous.

Comment concevoir un site accessible ?

Sans rentrer dans les détails de ces 106 fameux critères, il existe des principes fondamentaux, basés sur le guide d’accessibilité au contenu web (WCAG). On aime tellement les sigles en France…

L’Accessibilité numérique : les critères

1. Perceptible : « Je peux le voir et l’entendre »

L’information ne doit pas dépendre d’un seul sens. Si un utilisateur ne peut pas voir une image ou entendre un son, le contenu doit venir à lui autrement.

  • Donner une voix aux images : utiliser des descriptions textuelles (Alt-text).
  • Ne rien laisser au silence : proposer des sous-titres et des transcriptions, hiérarchiser l’information (H1, H2, H3 etc.).
  • Jouer sur les contrastes : s’assurer que le texte se détache nettement du fond pour une lecture sans fatigue.
  • Une mise en page souple : pour que l’affichage reste clair, même en zoomant au maximum.

2. Utilisable : « Je peux naviguer sans effort »

Peu importe l’outil utilisé (souris, clavier, commande vocale), l’interface doit obéir. L’utilisateur doit rester maître de son temps et de ses mouvements.

  • Le clavier roi : permettre de tout faire sans jamais toucher à une souris.
  • La sérénité visuelle : bannir les flashs agressifs et les défilements infinis qui stressent ou désorientent.
  • Le droit au temps : ne pas presser l’utilisateur avec des comptes à rebours punitifs.
  • Un fil d’Ariane : offrir des menus clairs pour que l’on sache toujours où l’on se trouve.

3. Compréhensible : « Je sais où je suis et ce que je fais »

La technologie doit être intuitive. L’utilisateur ne devrait jamais avoir besoin d’un mode d’emploi pour remplir un formulaire ou comprendre un message.

  • Parler vrai : privilégier des phrases simples et un vocabulaire direct.
  • La force de l’habitude : créer une interface prévisible et logique (un bouton « Valider » doit rester là où on l’attend).
  • Zéro devinette : accompagner l’utilisateur avec des champs de formulaire bien nommés et des messages d’erreur explicites.

4. Robuste : « Ça fonctionne, peu importe mon outil »

Le web évolue, les technologies d’assistance aussi. Votre site doit être assez solide pour fonctionner aujourd’hui sur un vieux navigateur et demain sur les outils du futur.

  • Un code propre : utiliser un HTML sémantique, c’est parler le langage universel des machines.
  • Main dans la main avec les lecteurs d’écran : s’assurer que les outils d’assistance interprètent correctement chaque élément.
  • Anticiper demain : coder selon les standards pour éviter que le site ne se « casse » à la prochaine mise à jour.

Si vous appliquez déjà tout ces critères vous serez sacrément vertueux !

Accessibilité numérique : un homme malvoyant est assit devant un ordinateur, avec un casque audio sur les oreilles.
Photo : Mikhail-Nilov
Photo : Mikhail-Nilov

Pour aller plus loin

Référentiel général d’amélioration de l’accessibilité (RGAA)

Il est censé être la bible de tous les développeurs soucieux de l’accessibilité de leur outil web.
Lire le référentiel

Le score WAVE Accessibility IMpact (AIM)

Créé aux États-Unis (eux aussi aiment beaucoup les sigles), il permet de mesurer l’impact des problèmes d’accessibilité d’une page sur les utilisateurs en situation de handicap. Il permet de se faire une idée, après coup de qu’il faudrait améliorer. Par exemple le site de Ma Boîte Sur le Net obtient un score de 8.2/10 en moyenne (test effectué en avril 2026) sur l’intégralité de ses pages.
Tester votre site

« Accessibility widget » ou « Ally »

Si votre site est déjà réalisé sous WordPress, et que vous n’avez pas encore la possibilité de faire une refonte, vous pouvez utiliser des extensions (plugins) qui permettront d’améliorer la lisibilité pour les personnes malvoyantes. Ce n’est pas la panacée mais ils font une partie du travail. Il existe évidemment plein d’autres extensions, mais ces deux-là sont assez efficaces.

***

Malgré tout il faut savoir que l’accessibilité d’un site se réfléchit en amont, au moment de la conception ! Aucun outil ne pourra par exemple traduire en texte facile à lire une page trop jargonneuse. Aucun outil ne pourra non plus hiérarchiser l’information de votre texte, ni imaginer ce que représente une image.

Alors pensez dès le départ à avoir un site internet que tout le monde pourra consulter.

image à la une : Anna Shvets – Pexels

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